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  • : Semestre Erasmus à Berlin à la Technische Universität, d'octobre 2007 à février 2008. (oui, c'est court, et c'est le drame)
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Sylvain Baudoin 
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Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /2007 00:59
C'est un projet complètement fou qui a été officiellement lancé en juillet dernier : celui de reconstruire le château de Berlin. Il ne s'agit pas de Sanssouci, ni du Schloss Charlottenburg, non il s'agit bien du Berliner Schloss... A moins d'être né avant 1945, il y a peu de chance que vous l'ayez déjà vu, car il n'en reste aujourd'hui aucune trace. En revanche, si vous êtes venu à Berlin récemment, vous vous êtes peut-être demandé ce qu'était cette immonde carcasse de ferraille en destruction, au beau milieu de la Museuminsel (île des musées).

Palast-der-Republik-destr.JPG
Dites-vous qu'avant, il y avait cela :

Berliner-Schloss-vor-1945.jpg
Un château de 500 ans, imposant, avec une superficie deux à trois fois plus grande que le Berliner Dom (cathédrale de Berlin, qui se trouve juste à côté). Malheureusement, en 1945, le château est bien endommagé. D'ailleurs, après la défaite française en 1940, le wagon dans lequel la capitulation allemande fut signée en 1918 dans le bois de Compiègne y fut placé comme trophée de la victoire. Ce wagon fut détruit lors du bombardement.

Berliner-Schloss-Insel-1945.jpg Le château en 1945
Berliner-Schloss-1945.jpg
L'île des musées se trouve alors dans le secteur soviétique, et par conséquent à Berlin Est. En 1950, ne voulant pas investir dans la reconstruction du château, la RDA décide purement et simplement de le raser.

Berliner-Schloss-eff-1945.jpg Dynamitage de la façade sud.

J'aime bien cette phrase prononcée en 1951 par Wilhelm Girnus, qui devint plus tard secrétaire d'état à l'enseignement supérieur :
"Wir hatten die Wahl - Schloss oder Dom. Hätten wir den Dom abgerissen, dann hätte der Westen für einige Jahre Wasser auf der Mühle gehabt und von ,Kirchenstürmerei' gesprochen. Dann lieber das Schloss. Mit den Kunsthistorikern werden wir schon fertig!"
"Nous avions le choix : le château ou la cathédrale. Nous aurions démoli la cathédrale, nous aurions apporté pour quelques années de l'eau au moulin de l'Ouest qui aurait parlé d'attaque contre les églises. Donc le château de préférence. Nous en aurons bientôt fini avec les historiens de l'art !"
On y construit à la place cette magnifique estrade utilisée pour les grandes manifestations de propagande de la RDA. 750000 personnes défilèrent ainsi en colonnes de 72 personnes durant 5 heures devant les dirigeants de la RDA. Ceux-ci reçurent les hommages depuis la tribune.

Berliner-Schloss-1951.jpg
A la suite de la reconnaissance diplomatique de la RDA lors de Conférence sur la Sécurité et la Coopération Européenne, le Palast der Republik (palais de la république), lieu central des grandes manifestations politiques et culturelles de la RDA, fut érigé. Inauguré en 1976, le palais, en tant que « Maison du peuple », fut visité par des millions de personnes qui assistèrent à des manifestations en tout genre. En moins de 3 ans, le palais fut érigé sur un squelette d’acier. Afin de protéger le bâtiment contre les incendies, 175000m² de la surface en acier furent recouverts par 5000 tonnes d’un mélange contenant de l’amiante. Et c'est bien là tout le problème...

Palast-der-Republik-mit-Karl.jpg
En 1990, le bâtiment est fermé compte tenu du degré de contamination à l'amiante. Au fur et à mesure que les projets de réubarnisation prennent forme pour Berlin, la question du Palast der Republik surgit et fait débat. Le désamianter coûterait plus cher que de le détruire. Pour les Allemands de l'Est, c'est encore un symbole de leur nation qui disparaît. Lisez plutôt l'extrait de l'appel du collectif "Sauvons le palais" :
" Pourquoi y a-t-il un antagonisme sur cette place ? D’où vient cette force de détruire au lieu d’utiliser un bâtiment tout à fait disponible ? (...)
L’espoir de reconstruire le château de Berlin n’est pas réellement un hommage à Schinkel [urbaniste qui a arrangé la Schlossplatz] mais semble être une victoire sur la RDA, symboliquement la victoire finale de la guerre froide.
Dans la soi-disante réunification, qui n’est pas formée de deux partenaires à égalité, mais d’un pouvoir victorieux plus fort financièrement et plus puissant qui a introduit ses symboles, son argent et ses valeurs en l’autre pour y dicter sa vision de la réunification, on devait aussi parfaire les symboliques. Regardez ces bagatelles, comme cette petite flèche verte sur le feu aux carrefours, puis ces valeurs est-allemandes ont été bafouées.
Mais pourquoi les Allemands de l’ouest avaient-ils besoin de combattre à la victoire même au niveau des symboles. Pourquoi ne pouvait-on pas laisser debout au moins l’établissement central de la RDA comme monument historique ? Pourquoi le Palais représente-t-il plus la politique d’un gouvernement qu’un lieu de rencontre ?
Parce que la culture traditionnelle ne connaît que des gagnants ou des perdants. Et l’ivresse du gagnant ne connaît pas de frontières. Une victoire aux frais des perdants conduit à encore plus de victoires, pas de pause ni de réflexion, pas de chance à accepter, encore moins vouloir comprendre et saluer les bras ouverts l’adversaire comme un partenaire."
Les défenseurs du projet essaieront d'argumenter en vous parlant plutôt du campanile de Venise, du monastère du Monte Cassino ou encore de la Frauenkirche de Dresde (reconstruite en 2003 !). Quoi qu'il en soit, la destruction est maintenant bien entammée, et la Berliner Schloss va bel et bien redevenir réalité.
"Sa vocation est définie par la mission même du centre de Berlin. Il sert les arts et les sciences en devenant le 'Humboldt-Forum', lieu exceptionnel de la culture et des sciences internationales au côté du complexe muséologique de l’île aux musées, de l’université Humboldt et de la bibliothèque nationale. Berlin met donc à disposition des endroits de qualité pour le dialogue entre les peuples. A l’époque de la mondialisation, c'est un geste qui comprend et prouve l’investissement de l’Allemagne pour participer à la culture mondiale 'Weltkultur'."
Sur la façade Est, le projet est d'avoir des éléments qui rappellent le Palais de la République.
"Das Schloss wird die Bürger mit dem Wiederaufbau der Stadt versöhnen, findet doch jeder nun seine bauliche Heimat im alt-neuen Berlin."
"Le château réconciliera les citoyens avec la reconstruction. Chacun trouvera sa patrie architecturale dans ce Berlin où se mêle l’ancien et le contemporain."

W09-Marx-Hengels-Forum.JPG C'est dans leur dos que l'on détruit le Palais de la République.

Palast-der-Republik.JPG Le squelette du palais et la Fernsehturm.

Le prix de la reconstruction du Berliner Schloss ? Quelques 500 millions d'euros, financés en grande partie par l'état. Les façades, chiffrées à 80 millions d'euros font l'objet de vos dons ! Comme il en reste encore 66 à trouver, vous pouvez encore choisir la pierre que vous voulez offrir à l'édifice sur http://www.berliner-schloss.de !

Infographie.jpg
Berliner-Schloss-2015.jpg Le Berliner Schloss en image de synthèse

Pour terminer, je reste fasciné par ce projet de reconstruction, plutôt incroyable ! Le commencement des travaux est prévu pour 2010. Rendez-vous en 2015 pour l'inauguration !
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 11:43
"A l'université"

Il est grand temps que je vous parle un peu de mes cours, c'est quand même d'abord pour cela que je suis venu à la TU Berlin (Technische Universität). A Douai, je suivais l'option Productique, j'ai donc dû choisir ici des cours qui avaient un lien :

- Computer vision :
  • Automatic Image Analysis : traitement d'images, reconnaissance automatique d'objets. Avec le logiciel Matlab, je prends une image, je la transforme en image binaire (noir et blanc), je découpe les contours des objets et l'ordinateur doit les reconnaître automatiquement, le tout en programmant avec des lignes de code. Le cours est en Anglais - donc, je comprends - et c'est très intéressant !
- Electrotechnique :
  • Signalverarbeitung : traitement du signal. Là, en revanche, tout est en allemand, et on utilise aussi Matlab. En gros, je travaille avec des Hochpaß-, des Tiefpaß-, des Bandpaß-, des Bandsperrefilter (filtres passe-haut, passe-bas, passe-bande, coupe-bande), mais aussi avec de nouveaux amis tels que les Butterworth-, Bessel- ou Cauerfilter... Que du bonheur !
  • Mustererkennung und technische Diagnose : reconnaissance de modèles et diagnostics techniques. C'est le cours que je regrette, parce que je ne comprends pas grand-chose... On trace des lignes, les points qui sont au-dessus appartiennent à une certaine catégorie, les points qui sont en-dessous, à une autre. Bref, ce n'est pas encore bien clair dans ma tête.
- Logistique :
  • Verkehrslogistik : logistique des transports. Entre le Straßenverkehr (route), le Schienenverkehr (rail), le Wasserverkehr (eaux), le Luftverkehr (airs), et le Rohrleitungsverkehr (pipeline), j'ai l'embarras du choix !
  • IT-based Logistics Planning : exercices et études de cas avec le logiciel SAP (logiciel qui intègre tous les services d'une entreprise). SAP est une société allemande !
  • Produktionslogistik : c'est le cours le plus "amusant" parce le professeur est un intervenant extérieur, il vient de Munich où il travaille chez Knorr-Bremse (ce qui est différent des soupes Knorr). Il nous parlede choses que je connais assez bien comme le Kaizen, le 5S, la TPM... D'ailleurs, j'ai un exposé à faire sur TPM dans un mois !
Hauptgebäude (bâtiment principal)

Je voudrais aussi vous parler de quelques particularités de l'université en Allemagne...
  • La ponctualité : il n’y en a pas. En amphi (Vorlesung), vous arrivez quand vous voulez, et vous repartez quand vous voulez, ça ne pose de problème à personne. En théorie, une heure de cours dure 45 min (ça c’est plutôt agréable), donc deux heures équivalent à 1h30, donc finalement, ça passe très vite ! :-)
  • La pause de midi : il n’y en a pas vraiment non plus, tout dépend de l’emploi du temps que vous avez eu bien du mal à concocter parmi les 500 pages de cours possibles dans cette université de plus de trente mille étudiants (anonymat garanti). Dans le cas où vous avez du temps, allez donc manger à la Mensa, le restaurant universitaire (très bon, d’ailleurs). Dans le cas contraire, emportez votre pique-nique ou achetez-vous un sandwich vite fait et dégustez-le (crounch, crounch) en buvant votre boisson à bulles dont les Allemands sont si friands (pshhhit) pendant le cours, là non plus, ça ne pose de problème à personne. Que j’aime le son de la salade qui craque sous la dent pendant le Pr. Dr.-Ing. Orglemeister nous parle de son Butterworth-Filter (ça me donne faim ce nom) ! A propos, les profs allemands adorent rappeler sans modestie les nombreux titres qu’ils portent : Professor, Doktor, Ingenieur… Personnellement, si j’arrive à être ingénieur, ce sera déjà pas mal !
  • Le tableau noir : il y en a dans toutes les salles, mais je crois que c’est désuet. Non, le "must du must", c’est d’écrire le cours au feutre sur des transparents, directement sur le rétroprojecteur. Une rature ? Ce n’est pas grave, je passe mon gros doigt sur la feuille et je réécris par-dessus. Résultat : un gros pâté illisible projeté au mur au désespoir des étudiants étrangers qui sont alors complètement perdus...
  • La fin du cours : en guise d’applaudissements, tout étudiant bien élevé doit toquer sur sa table, c’est surprenant la première fois, mais après on s’y fait. Les amphis ennuyeux existent aussi en Allemagne, j’attends parfois ce moment avec impatience…
TU-Berlin-4.JPG L'amitié franco-allemande se voit encore honorée avec cette victoire de Samothrace dans le hall de la TU.

L'université en elle-même est un vrai petit village à elle toute seule. A l'image de Berlin, ses bâtiments sont éclectiques... ("l'éclectisme ? j'en faisais quand j'étais jeune, mais maintenant, j'ai arrêté, c'est trop fatiguant" [Les Inconnus]). Des bâtiments anciens, comme des bâtiments récents. D'ailleurs, l'université technique a été fondée à partir de la réunion des académies d'architecture, des arts et métiers et d'art mais aussi de... l'école des mines !

TU-Berlin-6.JPG Le Mathematikgebäude (bâtiment des maths), sur la Straße des 17. Juni

Personellement, je trouve que ces escaliers ont de la gueule, non ?

TU-Berlin-7.JPG L'imposant T-Gebäude sur la Ernst-Reuter-Platz (bâtiment T, comme T-Mobile, l'opérateur téléphonique dont on voit le logo sur le toit), .
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Mercredi 7 novembre 2007 3 07 /11 /2007 23:28
Je ne suis jamais allé à Florence, mais en tout cas, je serai allé à Dresde ! Ce week-end, en compagnie d'Olivier (qui travaille chez Knorr) et d'autres étudiantes Erasmus, je me suis rendu dans cette jolie ville, agréablement reconstruite après la guerre (et même après la réunification). En fait, il ne s'agit que du centre ville, puisqu'autour, ce n'est pas la joie...
001-Dresde.JPG Hé, mais c'est la voiture de Manoue !

Nous nous sommes donc plutôt intéressés au Alt-Dresden (vieux Dresde). Petite visite :
Le Zwinger, palais baroque érigé en l'honneur du fameux Auguste le Fort, prince de Saxe et roi de Pologne. C'est sous son règne que la procelaine de Saxe est née.

A gauche, Auguste sur son cheval... les quatre sabots touchent le socle, c'est donc qu'il est mort dans son lit. A propos, son coeur repose à Dresde alors que son corps est à Cracovie.

La Frauenkirche (Eglise Notre-Dame) qui est "flambant neuve", puisque sa reconstruction vient tout juste d'être achevée (2005) ! Les pierres noires sont d'origine, elles ont été replacées fidèlement !

Comme vous constatez, il ne faisait pas un temps extraordinaire...
015-Dresde.JPG ...mais aujourd'hui, avec Photoshop, on fait des choses formidables :
016-Dresde.jpg
009-Dresde.JPG
PS : d'autres photos avec ciel gris ou ciel bleu (au choix) dans l'album "Exkursions" !
Par Sylvain - Publié dans : Excursions
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Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /2007 00:40
La Staatsicherheit est  plus connue sous le nom de Stasi.  La Stasi était le ministère chargé de la "sécurité de l'état" sous la RDA. Plus qu'une police normale, elle contrôlait et surveillait profondément la vie des citoyens. En visitant les établissements centraux de détention du ministère pour la sécurité de l'état (Zentralen Untersuchungshaftanstalt des Ministeriums für Staatssicherheit), on a forcément en tête les images de l'excellent film "La vie des autres" (Das Leben der Anderen) sorti en 2006 au cinéma.

Tout d'abord, pour les "ostalgiques", le quartier qui entoure la prison de la Stasi est ce que j'ai vu de pire depuis mon arrivée à Berlin. Des immenses barres d'immeubles, toutes grises, entre 10 et  30 étages ; des parkings très vastes (on y voit très peu de BMW ou de Mercedes, à vrai dire) ;  des avenues larges de 100  mètres ; quelques arbres chétifs ; des allées piétonnes très minérales... seul le tramway jaune égaye un peu le décor de béton et cette atmosphäre glaciale. J'ai trouvé l'endroit schrecklich ! (= terrible)

La prison était à l'époque dans une zone interdite. Au sous-sol, il y a les cachots et les salles de torture utilisés par l'armée soviétique. Dans les bâtiments plus récents, on a surtout des cellules de détention, mais aussi des bureaux de fonctionnaires de la Stasi. Je ne sais pas ces bureaux étaient aussi vides, mais il n'y a actuellement que la machine à écrire posée sur la table, et on imagine très bien les longues séances d'interrogatoires et de rapports. La visite était commentée en allemand par un ancien détenu de la prison... et j'avoue que j'ai eu du mal à décrypter. Mais ce qu'il a vraiment voulu nous faire comprendre, c'était de ne jamais laisser l'Etat nous voler nos droits fondamentaux, le droit d'expression en tout premier lieu. Il a insisté sur notre devoir de rester vigilant.

V02-Stasi-Gefaengnis.JPG Stasi-Gefängnis
V05-Stasi-Gefaengnis.JPG Matériel destiné à photographier les détenus
V04-Stasi-Gefaengnis.JPG "Obst und Gemüse" (fruits et légumes) : un camouflage pour une fourgonnette de la Stasi

PS : d'autres photos dans l'album "Ost-Berlin"
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /2007 15:45
Un article qui n'a rien de bien passionnant. Enfin,  Eloi Strengch voulait absolument voir ma chambre, la voici.
Visite guidée ! ;-)

Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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