Dimanche 11 novembre 2007
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"A l'université"
Il est grand temps que je vous parle un
peu de mes cours, c'est quand même d'abord pour cela que je suis venu à la TU Berlin (Technische Universität). A Douai, je suivais l'option Productique, j'ai donc dû choisir ici des cours
qui avaient un lien :
- Computer vision :
Hauptgebäude (bâtiment principal)
Je voudrais aussi vous parler de quelques particularités de l'université en Allemagne...
L'amitié franco-allemande se voit encore honorée
avec cette victoire de Samothrace dans le hall de la TU.
L'université en elle-même est un vrai petit village à elle toute seule. A l'image de Berlin, ses bâtiments sont éclectiques... ("l'éclectisme ? j'en faisais quand j'étais jeune, mais maintenant, j'ai arrêté, c'est trop fatiguant" [Les Inconnus]). Des bâtiments anciens, comme des bâtiments récents. D'ailleurs, l'université technique a été fondée à partir de la réunion des académies d'architecture, des arts et métiers et d'art mais aussi de... l'école des mines !
Le Mathematikgebäude (bâtiment des maths), sur
la Straße des 17. Juni
Personellement, je trouve que ces escaliers ont de la gueule,
non ?
L'imposant T-Gebäude sur la
Ernst-Reuter-Platz (bâtiment T, comme T-Mobile, l'opérateur téléphonique dont on voit le logo sur le toit), .
- Computer vision :
- Automatic Image Analysis : traitement d'images, reconnaissance automatique d'objets. Avec le logiciel Matlab, je prends une image, je la transforme en image binaire (noir et blanc), je découpe les contours des objets et l'ordinateur doit les reconnaître automatiquement, le tout en programmant avec des lignes de code. Le cours est en Anglais - donc, je comprends - et c'est très intéressant !
- Signalverarbeitung : traitement du signal. Là, en revanche, tout est en allemand, et on utilise aussi Matlab. En gros, je travaille avec des Hochpaß-, des Tiefpaß-, des Bandpaß-, des Bandsperrefilter (filtres passe-haut, passe-bas, passe-bande, coupe-bande), mais aussi avec de nouveaux amis tels que les Butterworth-, Bessel- ou Cauerfilter... Que du bonheur !
- Mustererkennung und technische Diagnose : reconnaissance de modèles et diagnostics techniques. C'est le cours que je regrette, parce que je ne comprends pas grand-chose... On trace des lignes, les points qui sont au-dessus appartiennent à une certaine catégorie, les points qui sont en-dessous, à une autre. Bref, ce n'est pas encore bien clair dans ma tête.
- Verkehrslogistik : logistique des transports. Entre le Straßenverkehr (route), le Schienenverkehr (rail), le Wasserverkehr (eaux), le Luftverkehr (airs), et le Rohrleitungsverkehr (pipeline), j'ai l'embarras du choix !
- IT-based Logistics Planning : exercices et études de cas avec le logiciel SAP (logiciel qui intègre tous les services d'une entreprise). SAP est une société allemande !
- Produktionslogistik : c'est le cours le plus "amusant" parce le professeur est un intervenant extérieur, il vient de Munich où il travaille chez Knorr-Bremse (ce qui est différent des soupes Knorr). Il nous parlede choses que je connais assez bien comme le Kaizen, le 5S, la TPM... D'ailleurs, j'ai un exposé à faire sur TPM dans un mois !
Je voudrais aussi vous parler de quelques particularités de l'université en Allemagne...
- La ponctualité : il n’y en a pas. En amphi (Vorlesung), vous arrivez quand vous voulez, et vous repartez quand vous voulez, ça ne pose de problème à personne. En théorie, une heure de cours dure 45 min (ça c’est plutôt agréable), donc deux heures équivalent à 1h30, donc finalement, ça passe très vite ! :-)
- La pause de midi : il n’y en a pas vraiment non plus, tout dépend de l’emploi du temps que vous avez eu bien du mal à concocter parmi les 500 pages de cours possibles dans cette université de plus de trente mille étudiants (anonymat garanti). Dans le cas où vous avez du temps, allez donc manger à la Mensa, le restaurant universitaire (très bon, d’ailleurs). Dans le cas contraire, emportez votre pique-nique ou achetez-vous un sandwich vite fait et dégustez-le (crounch, crounch) en buvant votre boisson à bulles dont les Allemands sont si friands (pshhhit) pendant le cours, là non plus, ça ne pose de problème à personne. Que j’aime le son de la salade qui craque sous la dent pendant le Pr. Dr.-Ing. Orglemeister nous parle de son Butterworth-Filter (ça me donne faim ce nom) ! A propos, les profs allemands adorent rappeler sans modestie les nombreux titres qu’ils portent : Professor, Doktor, Ingenieur… Personnellement, si j’arrive à être ingénieur, ce sera déjà pas mal !
- Le tableau noir : il y en a dans toutes les salles, mais je crois que c’est désuet. Non, le "must du must", c’est d’écrire le cours au feutre sur des transparents, directement sur le rétroprojecteur. Une rature ? Ce n’est pas grave, je passe mon gros doigt sur la feuille et je réécris par-dessus. Résultat : un gros pâté illisible projeté au mur au désespoir des étudiants étrangers qui sont alors complètement perdus...
- La fin du cours : en guise d’applaudissements, tout étudiant bien élevé doit toquer sur sa table, c’est surprenant la première fois, mais après on s’y fait. Les amphis ennuyeux existent aussi en Allemagne, j’attends parfois ce moment avec impatience…
L'université en elle-même est un vrai petit village à elle toute seule. A l'image de Berlin, ses bâtiments sont éclectiques... ("l'éclectisme ? j'en faisais quand j'étais jeune, mais maintenant, j'ai arrêté, c'est trop fatiguant" [Les Inconnus]). Des bâtiments anciens, comme des bâtiments récents. D'ailleurs, l'université technique a été fondée à partir de la réunion des académies d'architecture, des arts et métiers et d'art mais aussi de... l'école des mines !
