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  • : Semestre Erasmus à Berlin à la Technische Universität, d'octobre 2007 à février 2008. (oui, c'est court, et c'est le drame)
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Sylvain Baudoin 
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Berlin

Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 11:43
"A l'université"

Il est grand temps que je vous parle un peu de mes cours, c'est quand même d'abord pour cela que je suis venu à la TU Berlin (Technische Universität). A Douai, je suivais l'option Productique, j'ai donc dû choisir ici des cours qui avaient un lien :

- Computer vision :
  • Automatic Image Analysis : traitement d'images, reconnaissance automatique d'objets. Avec le logiciel Matlab, je prends une image, je la transforme en image binaire (noir et blanc), je découpe les contours des objets et l'ordinateur doit les reconnaître automatiquement, le tout en programmant avec des lignes de code. Le cours est en Anglais - donc, je comprends - et c'est très intéressant !
- Electrotechnique :
  • Signalverarbeitung : traitement du signal. Là, en revanche, tout est en allemand, et on utilise aussi Matlab. En gros, je travaille avec des Hochpaß-, des Tiefpaß-, des Bandpaß-, des Bandsperrefilter (filtres passe-haut, passe-bas, passe-bande, coupe-bande), mais aussi avec de nouveaux amis tels que les Butterworth-, Bessel- ou Cauerfilter... Que du bonheur !
  • Mustererkennung und technische Diagnose : reconnaissance de modèles et diagnostics techniques. C'est le cours que je regrette, parce que je ne comprends pas grand-chose... On trace des lignes, les points qui sont au-dessus appartiennent à une certaine catégorie, les points qui sont en-dessous, à une autre. Bref, ce n'est pas encore bien clair dans ma tête.
- Logistique :
  • Verkehrslogistik : logistique des transports. Entre le Straßenverkehr (route), le Schienenverkehr (rail), le Wasserverkehr (eaux), le Luftverkehr (airs), et le Rohrleitungsverkehr (pipeline), j'ai l'embarras du choix !
  • IT-based Logistics Planning : exercices et études de cas avec le logiciel SAP (logiciel qui intègre tous les services d'une entreprise). SAP est une société allemande !
  • Produktionslogistik : c'est le cours le plus "amusant" parce le professeur est un intervenant extérieur, il vient de Munich où il travaille chez Knorr-Bremse (ce qui est différent des soupes Knorr). Il nous parlede choses que je connais assez bien comme le Kaizen, le 5S, la TPM... D'ailleurs, j'ai un exposé à faire sur TPM dans un mois !
Hauptgebäude (bâtiment principal)

Je voudrais aussi vous parler de quelques particularités de l'université en Allemagne...
  • La ponctualité : il n’y en a pas. En amphi (Vorlesung), vous arrivez quand vous voulez, et vous repartez quand vous voulez, ça ne pose de problème à personne. En théorie, une heure de cours dure 45 min (ça c’est plutôt agréable), donc deux heures équivalent à 1h30, donc finalement, ça passe très vite ! :-)
  • La pause de midi : il n’y en a pas vraiment non plus, tout dépend de l’emploi du temps que vous avez eu bien du mal à concocter parmi les 500 pages de cours possibles dans cette université de plus de trente mille étudiants (anonymat garanti). Dans le cas où vous avez du temps, allez donc manger à la Mensa, le restaurant universitaire (très bon, d’ailleurs). Dans le cas contraire, emportez votre pique-nique ou achetez-vous un sandwich vite fait et dégustez-le (crounch, crounch) en buvant votre boisson à bulles dont les Allemands sont si friands (pshhhit) pendant le cours, là non plus, ça ne pose de problème à personne. Que j’aime le son de la salade qui craque sous la dent pendant le Pr. Dr.-Ing. Orglemeister nous parle de son Butterworth-Filter (ça me donne faim ce nom) ! A propos, les profs allemands adorent rappeler sans modestie les nombreux titres qu’ils portent : Professor, Doktor, Ingenieur… Personnellement, si j’arrive à être ingénieur, ce sera déjà pas mal !
  • Le tableau noir : il y en a dans toutes les salles, mais je crois que c’est désuet. Non, le "must du must", c’est d’écrire le cours au feutre sur des transparents, directement sur le rétroprojecteur. Une rature ? Ce n’est pas grave, je passe mon gros doigt sur la feuille et je réécris par-dessus. Résultat : un gros pâté illisible projeté au mur au désespoir des étudiants étrangers qui sont alors complètement perdus...
  • La fin du cours : en guise d’applaudissements, tout étudiant bien élevé doit toquer sur sa table, c’est surprenant la première fois, mais après on s’y fait. Les amphis ennuyeux existent aussi en Allemagne, j’attends parfois ce moment avec impatience…
TU-Berlin-4.JPG L'amitié franco-allemande se voit encore honorée avec cette victoire de Samothrace dans le hall de la TU.

L'université en elle-même est un vrai petit village à elle toute seule. A l'image de Berlin, ses bâtiments sont éclectiques... ("l'éclectisme ? j'en faisais quand j'étais jeune, mais maintenant, j'ai arrêté, c'est trop fatiguant" [Les Inconnus]). Des bâtiments anciens, comme des bâtiments récents. D'ailleurs, l'université technique a été fondée à partir de la réunion des académies d'architecture, des arts et métiers et d'art mais aussi de... l'école des mines !

TU-Berlin-6.JPG Le Mathematikgebäude (bâtiment des maths), sur la Straße des 17. Juni

Personellement, je trouve que ces escaliers ont de la gueule, non ?

TU-Berlin-7.JPG L'imposant T-Gebäude sur la Ernst-Reuter-Platz (bâtiment T, comme T-Mobile, l'opérateur téléphonique dont on voit le logo sur le toit), .
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /2007 00:40
La Staatsicherheit est  plus connue sous le nom de Stasi.  La Stasi était le ministère chargé de la "sécurité de l'état" sous la RDA. Plus qu'une police normale, elle contrôlait et surveillait profondément la vie des citoyens. En visitant les établissements centraux de détention du ministère pour la sécurité de l'état (Zentralen Untersuchungshaftanstalt des Ministeriums für Staatssicherheit), on a forcément en tête les images de l'excellent film "La vie des autres" (Das Leben der Anderen) sorti en 2006 au cinéma.

Tout d'abord, pour les "ostalgiques", le quartier qui entoure la prison de la Stasi est ce que j'ai vu de pire depuis mon arrivée à Berlin. Des immenses barres d'immeubles, toutes grises, entre 10 et  30 étages ; des parkings très vastes (on y voit très peu de BMW ou de Mercedes, à vrai dire) ;  des avenues larges de 100  mètres ; quelques arbres chétifs ; des allées piétonnes très minérales... seul le tramway jaune égaye un peu le décor de béton et cette atmosphäre glaciale. J'ai trouvé l'endroit schrecklich ! (= terrible)

La prison était à l'époque dans une zone interdite. Au sous-sol, il y a les cachots et les salles de torture utilisés par l'armée soviétique. Dans les bâtiments plus récents, on a surtout des cellules de détention, mais aussi des bureaux de fonctionnaires de la Stasi. Je ne sais pas ces bureaux étaient aussi vides, mais il n'y a actuellement que la machine à écrire posée sur la table, et on imagine très bien les longues séances d'interrogatoires et de rapports. La visite était commentée en allemand par un ancien détenu de la prison... et j'avoue que j'ai eu du mal à décrypter. Mais ce qu'il a vraiment voulu nous faire comprendre, c'était de ne jamais laisser l'Etat nous voler nos droits fondamentaux, le droit d'expression en tout premier lieu. Il a insisté sur notre devoir de rester vigilant.

V02-Stasi-Gefaengnis.JPG Stasi-Gefängnis
V05-Stasi-Gefaengnis.JPG Matériel destiné à photographier les détenus
V04-Stasi-Gefaengnis.JPG "Obst und Gemüse" (fruits et légumes) : un camouflage pour une fourgonnette de la Stasi

PS : d'autres photos dans l'album "Ost-Berlin"
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /2007 15:45
Un article qui n'a rien de bien passionnant. Enfin,  Eloi Strengch voulait absolument voir ma chambre, la voici.
Visite guidée ! ;-)

Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /2007 10:25
Celles et ceux qui ont suivi mes aventures aux Philippines vont me comprendre, les autres, vous pouvez vous reporter si besoin à mon précédent blog...
Filipino-Restaurant-.JPG A Berlin, j'avais déjà repéré LE restaurant "filipino" et LE sari-sari store, mais aussi, dimanche dernier, je suis allé à la Heilig-Geist Kirche, Bayernallee 28, pour participer à la messe de la communauté philippine de Berlin. Je vous avais parlé l'an dernier du mélange tagalog-anglais, qui donnait le taglish... évidemment, ici, on ajoutera la langue allemande au répertoire. Anne-K B., de Paris, nous fera peut-être une proposition de nom, pour ma part, je vais appeler cela le taglisheutsch...
Je n'ai pas retrouvé exactement la même ambiance qu'aux Philippines, même si, ici aussi, il n'est pas déplacé de discuter allègrement avec son voisin ou sa voisine pendant l'office. Le father philippin fait son homélie en taglisheutsch, mais il essaie de faire des phrases complètes : parler de la foi se fera en anglais, donner un conseil se fera en allemand, et la petite blagounette se fera en tagalog... (et apparemment, ça devait vraiment être très drôle :-/)
Heilig-Geist-Kirche.JPG A la fin de la messe, on distribue le journal "Ako ay Pilipino - connecting Filipinos in Europe and UK" avec des articles en anglais et en tagalog. Il suffit de feuilleter un peu pour vous remettre dans l'ambiance politique et sociale des Philippines, mais aussi dans les préoccupations des expatriés. On y trouve des articles tels que :
Ako-ay-Pilipino.JPG - Boy Scouts Visit Philippine Ambassador to the UK,
- DOLE (Department of Labor and Employment) eyes more jobs for Pinoys (Philippins) in Australia and Europe, j'y apprends que ces Philippins sont appelés les OFWs (Overseas Filipino Workers),
- GMA (Gloria Macapagal Arroyo, présidente des Philippines) signs amnesty for communist rebels, on m'avait parlé des groupes communistes qui se cachent dans les montagnes aux Philippines,
- Judgment day for Erap (Erap étant le nickname de Joseph Estrada, l'ancien président de l'archipel),
- de la publicité pour la Western Union, organisme financier qui facilite le transfert d'argent d'un pays à l'autre, c'est le principal sponsor du journal,
- Japanese Boy Scouts donates Tents to BSP (Boy Scouts of the Philippines), oui, le scoutisme est une institution là-bas,
- Lecture at the Philippine Community in Berlin, conférence qui a promu le retour au pays pour y profiter de sa retraitre " to stay and enjoy the rest of their lives, after years of hard work in foreign countries",
- Pacquiao Handa na para sa susunod niyang laban, car que serait un journal philippin sans sa page sport avec la boxe en premier lieu et son champion Pacquiao ?

Après la messe, la communauté se retrouve dans la salle paroissiale pour partager des plats du pays (pancit, riz, petits gâteaux hyper sucrés...). Il y a peu d'enfants (ce qui contraste avec les Philippines), et aucun ne vient me demander le blessing, alors, je n'attendais que ça, c'est vrai ;-) Une mamie philippine s'approche de moi et se demande bien ce que je fais ici. "Are you looking for a girlfriend?" Alors, voilà, ça, c'est typiquement philippin, ils sont obsédés par les girlfriends des uns et des autres, et particulièrement pour moi qui suis blanc... Sinon, elle était prête à me présenter à toutes les jeunes filles de la paroisse ! Je discute avec quelques personnes, qui sont néanmoins très loin des préoccupations humanitaires du pays. On me dit de revenir la semaine prochaine parce qu'il y aura un Français, dont l'épouse est philippine.
Avant de partir, j'entends dans mon dos "Hey, kuya!". Alors, naturellement, je me retourne, mais là encore, grosse déception, je ne suis pas le kuya en question...
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 /10 /2007 00:41

KLS

V-Sachsenhausen1.JPG KLS, comme "Konzentration Lager Sachsenhausen" (camp de concentration de Sachsenhausen).  A 30km au nord de Berlin a été établi le premier camp de concentration du IIIe Reich. Je m'y suis rendu cet après-midi et j'ai été passionné par son histoire. En fait, l'évolution du camp peut se décomposer en 4 périodes :
  • 1933-1934 : camp de concentration d'Oranienburg
Le premier camp est installé par la SA en plein centre de la ville d'Oranienburg dans les bâtiments désaffectés d'une ancienne brasserie. Le camp de Sachsenhausen, non loin d'Oranienburg sera construit trois ans plus tard.
  • 1936-1945 : camp de concentration SS de Sachsenhausen
Le camp est en forme de triangle, et ses baraques sont organisées en demi-cercle. Le cynisme des Nazis se lit à travers la mention "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre) forgée dans la grille de l'entrée. De plus, cette entrée est appelée Porte A, alors que le crématorium est appelé Station Z, c'est-à-dire la première et la dernière lettre de l'alphabet, le début et la fin de la détention d'un prisonnier au camp. Durant cette période, près de 200 000 personnes ont été internées, la moitié y a perdu la vie.
  • 1945-1950 :  camp spécial soviétique n°7
Quelques mois après la chute du régime nazi, les soviétiques qui avaient libéré le camp en avril 1945 l'utilisent à leur tour. Le camp spécial sert à l'internement de petits fonctionnaires du IIIe Reich, mais aussi d'"indésirables" politiques et de victimes d'une détention arbitraire, ainsi que de condamnés des tribunaux militaires soviétiques : femmes et hommes, jeunes et vieux, nazis ou non. 60 000 personnes y séjournent, et près de 12 000 y meurent de sous-alimentation ou de maladies.
  • V-Sachsenhausen5.JPG 1961-1990 :  mémorial national et lieu d'appel à la vigilance de Sachsenhausen
La RDA demande dès 1956 l'aménagement d'un mémorial sur le lieu du camp. Plutôt que de conserver les bâtiments historiques, on décide de construire un complexe commémoratif symbolisant la "victoire de l'anti-fascisme sur le fascisme" qui n'intégrerait que quelques vestiges des baraquements. Inauguré en 1961, quelque temps après la construction du Mur de Berlin, le mémorial comporte 3 musées dont une exposition qui s'intitule "Das andere Deutschland" (L'autre Allemagne) : elle présente la RDA comme l'héritière de la résistance des détenus - communistes - des camps alors que la RFA est le successeur du National-Socialisme.
*
Depuis 1993, les expositions de propagande soviétique ont été retirées. J'ai trouvé intéressant cette façon d'instrumentaliser le cours de l'histoire pour pouvoir faire passer un message de propagande bien ciblé. Encore à titre d'exemple, le monument érigé par les Soviétiques comporte notamment une tour de base triangulaire et dont les côtés sont eux-même recouverts de triangles rouges renversés, symboles des prisonniers politiques. Donc là, aucun signe des autres catégories de détenus (Juifs,  Tziganes, homosexuels...). Il s'agit en effet d'un monument politique célébrant la victoire de l'anti-fascisme sur le fascisme. La statue qui se trouve à son pied montre un soldat russe délivrant deux hommes, habillés avec une tenue d'ouvrier, plutôt qu'en uniforme concentrationnaire.

Le visiteur qui ressort du camp est pris d'un curieux malaise : quelle interprétation je fais de l'histoire ? Comment être certain que ce que le monde et son histoire tels que je les ai appris m'ont été présentés de façon objective ? Mon point de vue sur l'histoire n'est-il seulement qu'un point de vue parmi d'autres ?

V-Sachsenhausen2.JPG L'entrée du camp
V-Sachsenhausen3.JPG "Le travail rend libre"

PS : d'autres photos dans l'album "Monuments"
Par Sylvain - Publié dans : Berlin
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